Alors que le débat sur l’accès à l’apprentissage pour les clandestins prend un tour polémique à Genève, deux d’entre eux ont accepté de témoigner des difficultés de leur quotidien dans le journal Le Temps. Leurs cas, selon le syndicat SIT, sont symptomatiques de la réalité du terrain.
L’Algérien Kimo, 19 ans, vient d’obtenir le permis qui lui permettra de décrocher un apprentissage. Un soulagement, après avoir été désœuvré pendant deux ans.
Deux ans sans rien faire, c’est long. Surtout pour un ado qui en veut. Depuis qu’il a terminé la scolarité obligatoire et son complément de formation à l’Ecole de commerce, Kimo, 19 ans, a pourtant été bien obligé d’attendre. Le jeune Algérien avait trouvé une place d’assistant dans une pharmacie où il a fait un stage de deux mois. La patronne était prête à l’engager parce que, comme d’habitude, il avait tu sa situation de sans-papiers. Mais quand elle a su, «elle ne pouvait pas me garder». Il a dû renoncer à l’école où il était inscrit. Lire plus
La Brésilienne Tatiana, 22 ans, se battra pour rester et exercer son métier dans l’hôtellerie. Arrivée à Genève à 14 ans, elle n’a toujours pas de permis.
Tous les jours depuis six ans, elle guette le fameux coup de fil. Celui qui lui annoncera sa sortie du monde des sans-statut. Le temps presse. Tatiana, 22 ans, terminera son apprentissage dans l’hôtellerie genevoise en mai, et à partir là, elle n’aura plus de perspective. Sans permis, l’avenir est sombre pour la pétillante jeune femme. La Suisse a entrouvert la porte de la légalité à la Brésilienne en la laissant aller au bout de son certificat fédéral de capacité, mais les grands hôtels qui la font rêver n’embaucheront jamais la clandestine. Lire plus